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Baisser le volume : 6 routines pour hypersensibles

Vous vous reposez, et vous êtes fatigué quand même.

Vous rejouez une conversation qui date de trois semaines. Vous anticipez une réunion qui n’aura lieu que dans dix jours. Vous vous demandez si vous avez bien fait, si vous auriez dû dire les choses autrement, si l’autre l’a mal pris.

Si vous vous reconnaissez, ce n’est pas un problème de volonté ni de fragilité. C’est ce qui arrive quand on capte beaucoup plus que la moyenne. Et c’est exactement pour ça que j’ai créé ces routines pour hypersensibles.

Ce que j’appelle le volume

Être hypersensible, c’est vivre avec un capteur grand ouvert.

Il y a d’abord le volume du dehors. Les bruits, la lumière, le nombre de personnes autour, les micro-signes que personne d’autre ne remarque : un ton qui change, un regard qui glisse, une tension dans une pièce avant même qu’un mot soit prononcé.

Et il y a le volume du dedans. Cette voix intérieure qui commente en permanence, qui juge, qui compare, qui repasse les scènes en boucle et qui ne s’arrête jamais vraiment.

Les deux consomment de l’énergie en continu, sans qu’on s’en aperçoive. C’est pour ça qu’on peut sortir d’une journée agréable en étant complètement vidé, et se dire ensuite qu’on est fragile alors qu’on a simplement encaissé pendant huit heures.

Pourquoi le repos ne suffit pas

Chaque année, c’est le même cycle. On termine épuisé, on part en vacances, on revient regonflé. Et trois semaines plus tard, on est exactement au même point.

Parce qu’on revient avec de l’énergie, mais on revient au même poste, aux mêmes réunions, aux mêmes situations. Le repos recharge. Il ne change pas ce qui vide.

Ce qui change quelque chose, c’est d’installer deux ou trois habitudes qui font redescendre le volume au quotidien. Et l’été est le seul moment de l’année où on a la disponibilité mentale pour les installer vraiment. En novembre, personne n’y arrive.

Les 6 routines

Chacune traite un moment précis de la journée ou un mécanisme précis. Elles sont courtes, elles ne demandent aucun matériel, et chacune existe en version deux minutes pour les jours où rien ne va.

1. Le réveil : s’écouter avant d’écouter les autres

Quand on est hypersensible, le mental ne démarre pas doucement. On ouvre les yeux et il est déjà à pleine vitesse : la liste, ce qu’on a oublié, ce qu’il va falloir gérer.

Et dans cette liste, il n’y a jamais rien sur soi. Il y a ce qu’on doit faire, ce qu’on attend de nous, comment on va s’organiser pour que tout le monde soit content.

Cette première routine consiste à reprendre ces dix premières minutes, avant le téléphone, avec une question toute simple que la plupart des gens ne se posent jamais.

2. La deuxième phrase : ce qui arrête la rumination

On raccroche, et la phrase arrive toute seule : « j’aurais pas dû dire ça », « il l’a mal pris », « j’ai encore parlé trop vite ». Deux heures plus tard, on y est encore.

Cette phrase-là, on ne la choisit pas. Essayer de la faire taire ne marche jamais, et se raisonner encore moins.

Mais il y en a une deuxième, celle qui vient juste après. Et celle-là se choisit. C’est elle qui décide si ça s’arrête ou si la boucle démarre, à condition de respecter une règle précise : elle doit être vraie, pas gentille.

3. La liste des preuves : rééquilibrer ce qu’on retient

Repensez à votre journée d’hier. Ce qui remonte en premier, c’est le moment gênant, la remarque, la réunion où vous n’avez pas osé parler. Tout ce que vous avez bien géré n’a laissé aucun souvenir.

Ce n’est pas de la modestie. Un cerveau qui capte autant ne peut pas tout garder, alors il trie, et il garde en priorité ce qui pourrait poser problème.

Le résultat, c’est que l’idée qu’on se fait de soi repose sur une sélection truquée. Cette routine sert à rééquilibrer ce qui s’enregistre.

4. La protection sensorielle : se protéger de ce qui sature

Le bruit de fond, la lumière, le nombre de personnes, la chaleur, l’absence totale de moment seul. On ne le remarque pas consciemment, mais ça consomme en permanence.

Et comme ce n’est pas identifié, on attribue la fatigue à autre chose. Souvent à soi.

Cette routine consiste à repérer ses trois sources principales de saturation, à décider d’une parade pour chacune avant d’être à bout, et à savoir l’annoncer aux autres sans s’excuser.

5. Fermer la journée : le moment du coucher

Tout est calme, la lumière est éteinte, et c’est précisément à cet instant que la tête décide de tout ressortir : la conversation de l’après-midi, ce qu’on aurait dû répondre, le programme de demain.

On croit que le problème, c’est de ne pas arriver à dormir. En réalité il est avant : la journée n’est jamais terminée, elle est reportée au lendemain. Et c’est ce report permanent qui use, bien plus que la charge elle-même.

Cette routine tient en deux gestes très simples. C’est la plus courte des six, et probablement la plus difficile.

6. Choisir ce qu’on garde

Une routine installée pendant les vacances ne survit pas telle quelle à une journée de travail. Le temps n’est pas le même, le rythme non plus.

C’est là que la plupart des gens abandonnent : ils essaient de tout garder à la rentrée, n’y arrivent pas la première semaine, et laissent tout tomber.

La dernière étape consiste donc à n’en garder que deux. Deux, pas plus. Celles qui ont vraiment fait du bien, pas celles qu’on pense devoir garder. Et à décider précisément à quel moment elles tiennent dans une vraie journée de travail.

Comment suivre le programme

Baisser le volume est une série de six épisodes courts, à écouter en podcast ou à regarder sur YouTube. Un épisode par semaine, une routine à la fois.

En vous inscrivant gratuitement, vous recevez le carnet qui reprend les six routines, et vous rejoignez un groupe WhatsApp où chacun raconte comment ça se passe. Vous pouvez rejoindre le programme à n’importe quel moment : les épisodes se suivent, mais chacun se suffit à lui-même.

Une chose à savoir avant de commencer : il n’y a rien à réussir. Si vous sautez une semaine, vous reprenez la suivante sans rien avoir perdu. Chaque routine a une version deux minutes pour les jours où rien ne va, et elle compte autant que l’autre.

Et après ?

Ces routines apaisent. Elles rendent de l’énergie, elles adoucissent le regard qu’on porte sur soi, elles font redescendre le volume.

Mais elles ne changent pas un mental qui capte tout, qui anticipe tout et qui analyse tout. Comprendre comment il fonctionne et apprendre à l’apprivoiser, c’est un autre chantier : c’est celui de Supersensible, mon programme qui débute le 7 septembre.

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