Skip links

Comment ne pas craquer au boulot quand on est hypersensible ?

C’est une question qu’on me pose très souvent.

Derrière cette question, il y a souvent la peur d’avoir les larmes aux yeux en réunion, la peur de perdre ses moyens face à son manager, la peur que l’émotion devienne trop forte et surtout que ça se voie.

Et honnêtement, je pense que beaucoup de personnes hypersensibles se reconnaîtront là-dedans.

Pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je ne pense pas que le vrai problème soit l’hypersensibilité.

Le problème est souvent ailleurs : dans la pression qu’on se met, dans le besoin de tout contrôler, dans la peur du regard des autres et dans toute la tension qu’on accumule sans même s’en rendre compte.

Ce n'est pas ton hypersensibilité qui pose problème

Avant d’aller plus loin, il y a un point qui me semble vraiment important à comprendre : être hypersensible ne veut pas dire qu’on n’est pas capable de gérer ses émotions.

Heureusement d’ailleurs. Sinon, cela voudrait dire que toutes les personnes hypersensibles passent leur vie à pleurer au travail ou à perdre leurs moyens au moindre stress.

Et ce n’est pas la réalité.

Beaucoup de personnes hypersensibles paraissent même extrêmement solides extérieurement. Elles sont professionnelles, efficaces, parfois même perçues comme froides ou très rationnelles. Pourtant, à l’intérieur, ça tourne non-stop.

C’est justement là que les choses deviennent intéressantes.

Parce que le problème n’est souvent pas l’émotion en elle-même. Le problème, c’est tout ce qu’il y a autour :

  • la pression intérieure ;
  • le besoin de bien faire ;
  • la peur du jugement ;
  • le besoin de rester crédible ;
  • le fait de vouloir tout contrôler ;
  • l’analyse permanente de ce que les autres pensent ;
  • le fait de prendre énormément les choses à cœur ;
  • le besoin de retenir et contrôler en permanence ce qui se passe à l’intérieur.

Beaucoup de personnes hypersensibles fonctionnent comme des cocottes-minute émotionnelles. Elles encaissent, prennent sur elles, essaient de rester calmes, professionnelles et de ne pas faire de vagues.

Le problème, c’est que plus elles essaient de garder le contrôle, plus la tension intérieure augmente.

Quand les émotions montent au travail, le vrai problème n’est donc pas forcément : « Je suis trop sensible ».

Le vrai problème, c’est souvent : « Cela fait déjà des heures, des jours ou parfois même des mois que je suis sous pression. »

Et ça change tout.

Parce qu’à partir de là, on arrête de voir l’hypersensibilité comme un défaut. On commence à regarder le fonctionnement dans son ensemble : la charge mentale, le stress, le manque de récupération, le perfectionnisme, l’hypervigilance, le besoin d’être irréprochable ou encore le manque de confiance en soi.

Pourquoi la peur de craquer au travail prend autant de place ?

Je pense qu’il y a aussi quelque chose d’autre derrière cette peur.

Au fond, beaucoup de personnes hypersensibles ne craignent pas seulement leurs émotions.

Elles craignent surtout ce que les autres pourraient penser d’elles.

Elles ont peur :

  • d’avoir l’air faibles ;
  • d’avoir l’air fragiles ;
  • de perdre en crédibilité ;
  • d’être jugées.

Et c’est exactement pour ça que cette peur peut devenir aussi envahissante. Parce qu’elle ne touche pas seulement les émotions. Elle touche aussi l’image qu’on a de soi.

À force, cette peur finit par prendre énormément de place dans le quotidien professionnel.

Sans même t’en rendre compte, tu vas éviter les conflits, hésiter avant de parler, prendre davantage sur toi, faire attention à ton ton, à tes mots, à tes réactions ou même à ton visage.

Pendant ce temps-là, ton cerveau tourne en arrière-plan :

  • « Est-ce que j’ai été trop ? »
  • « Est-ce qu’il l’a mal pris ? »
  • « Est-ce qu’on va penser que je suis fragile ? »
  • « Est-ce que je suis en train de perdre en crédibilité ? »

Et c’est épuisant.

Parce qu’à force de fonctionner comme ça, on finit par adapter toute sa vie professionnelle autour de cette peur.

On se censure davantage.

On prend moins de place.

On minimise ses idées.

On hésite avant de parler.

On essaie presque de disparaître.

Et à force, certaines personnes finissent par croire qu’elles ne sont pas faites pour certains postes ou certaines responsabilités.

Alors qu’en réalité, le problème n’est ni leur job ni leur hypersensibilité.

Le problème, c’est cette tension intérieure permanente qui finit par faire perdre confiance en soi.

Hypersensibilité et émotions au travail : le rôle de l'estime de soi

Je le répète souvent, mais c’est important : on peut être hypersensible sans être particulièrement émotif.

L’hypersensibilité, c’est surtout le fait de capter énormément d’informations.

Ici, la problématique est ailleurs.

Elle concerne surtout le regard des autres et le regard qu’on porte sur soi-même.

Et les deux sont étroitement liés.

Plus tu manques d’estime de toi, plus tu risques d’avoir peur du regard des autres.

Et plus tu as peur du regard des autres, plus tu vas te suradapter, chercher à contrôler, surveiller chacune de tes réactions et vivre dans une forme d’hypervigilance permanente.

La solution n’est donc pas de devenir quelqu’un de froid ou d’apprendre à tout contrôler parfaitement.

Ce qui change les choses, c’est plutôt de sortir de ce mode survie permanent, de comprendre son fonctionnement, de réguler son système nerveux et d’arrêter de vivre en guerre contre soi-même.

3 clés pour ne plus avoir peur de craquer au boulot

La solution, ce n’est pas devenir quelqu’un de froid.
Ce n’est pas arrêter de ressentir.
Et ce n’est certainement pas apprendre à tout contrôler parfaitement.

C’est plutôt :

  • de sortir du mode survie permanent,
  • de comprendre son fonctionnement,
  • de réguler son système nerveux,
  • de retrouver de l’espace mental,
  • et d’arrêter de vivre en guerre contre soi-même.

Et justement, il y a trois choses qui, selon moi, peuvent vraiment commencer à faire une différence quand on est hypersensible et qu’on vit dans cette peur permanente de craquer au boulot.

1. Arrêter de voir l'émotion comme un danger

Tant que ton cerveau considère l’émotion comme un danger, il restera en hypervigilance permanente.

Beaucoup de personnes ont associé émotion et faiblesse, émotion et humiliation, émotion et perte de contrôle ou encore émotion et jugement.

Alors dès que l’émotion monte, le cerveau panique :

« Attention, ça ne doit pas se voir. Contrôle-toi. »

Le problème, c’est que plus tu paniques face à l’émotion, plus ton système nerveux monte en tension.

Une émotion n’est pas une catastrophe.

Elle ne veut pas dire que tu es faible, fragile ou incapable professionnellement.

Plus tu changes ton regard sur l’émotion, moins ton cerveau la vivra comme une menace.

2. Réguler ton système nerveux avant qu'il soit saturé

Je pense que beaucoup de personnes sous-estiment le rôle du système nerveux.

Quand il est déjà saturé, la moindre tension prend des proportions énormes.

C’est souvent à ce moment-là qu’on se sent à fleur de peau, qu’on supporte moins le bruit, moins les tensions, moins les imprévus et qu’on a l’impression de ruminer pendant des heures.

Et dans ces moments-là, essayer de se raisonner ne suffit pas.

Parce que ce n’est plus seulement ton mental qui est concerné.

C’est ton corps.

Quand je parle de régulation, je ne parle pas de méditer trois heures dans une forêt en écoutant des bols tibétains.

Je parle de choses beaucoup plus simples :

  • pratiquer la cohérence cardiaque ;
  • marcher ;
  • bouger davantage ;
  • améliorer son sommeil ;
  • récupérer réellement.

Le système nerveux ne se régule pas avec des pensées.

Il se régule d’abord par le corps.  J’ai réalisé un article et un épisode dans lequel je partage plusieurs outils pour apaiser ton système nerveux. 

3. Arrêter de vouloir tout gérer avec ton mental

C’est probablement l’un des pièges les plus fréquents quand on est hypersensible.

Croire qu’on va s’en sortir en analysant davantage.

En comprenant davantage.

En réfléchissant davantage.

Pourtant, les personnes que j’accompagne ont déjà énormément réfléchi sur elles-mêmes. Elles ont lu des livres, écouté des podcasts, parfois suivi une thérapie.

Le problème n’est pas toujours le manque de compréhension.

Le problème est souvent le passage à l’action.

Parce que ce qui change réellement les choses, ce sont les habitudes que tu mets en place dans ton quotidien.

  • Ton rapport au stress.
  • Tes limites.
  • Ta posture.
  • Ta façon de prendre soin de toi.

Et ça, aucun livre ne peut le faire à ta place.

Tu n'as pas besoin de te blinder

Si tu dois retenir une seule chose de cet article, c’est celle-ci :

Le problème n’est pas ton hypersensibilité.

Le problème, c’est toute l’énergie que tu dépenses à essayer de contrôler ton fonctionnement, à essayer de ne pas déranger, à essayer d’être irréprochable ou à vouloir garder le contrôle coûte que coûte.

Et forcément, quand tu vis comme ça depuis des mois ou des années, ton système finit par s’épuiser.

Le véritable objectif n’est donc pas de devenir plus froid ou de te blinder.

L’objectif, c’est plutôt de retrouver de la stabilité, de l’espace mental et de la confiance.

Parce que lorsque tu n’es plus en guerre avec ton fonctionnement, tout change : ta posture, ton énergie, ta capacité à t’affirmer, ta façon de gérer les tensions et même ton rapport au travail.

Pour aller plus loin

Tu as l’impression de passer ton temps à prendre sur toi, à surveiller tes émotions ou à manquer de confiance dans ton job ?

Tu peux réserver un audit hypersensibilité gratuit de 45 minutes. Pendant cet échange, nous identifierons ensemble ce qui te bloque aujourd’hui et je te partagerai un plan d’action concret pour avancer.

📆 Je réserve mon audit gratuit

Regarder ou écouter l'épisode complet

Retrouve l’épisode complet du podcast Sensible mais pas fragile sur ma chaîne YouTube et sur toutes les plateformes de podcast.

🎧 Ecouter l’épisode complet

📺Regarder l’épisode complet

Explorer
Glisser