Hypersensibilité au travail : faut-il en parler… ou pas ?
C’est une question qui revient très souvent chez les personnes hypersensibles au travail.
👉 Est-ce que je devrais dire que je suis hypersensible à mon manager ? À mes collègues ?
Et derrière cette question, il y a souvent un gros malentendu.
Beaucoup d’hypersensibles pensent qu’ils n’ont que deux options :
soit se taire et continuer à s’adapter,
soit en parler… et attendre que les autres s’adaptent à eux.
👉 Cette vision est fausse des deux côtés.
Le vrai problème n’est pas de parler ou de se taire.
Le vrai problème, c’est de croire que ce sont les seules options possibles.
L’hypersensibilité n’est ni un trouble… ni un défaut
Avant même de se demander s’il faut parler de son hypersensibilité au travail, il est important de remettre les choses à leur place.
👉 L’hypersensibilité n’est pas :
un trouble,
une pathologie,
quelque chose dont les autres devraient s’adapter en permanence.
Mais — et c’est tout aussi important — ce n’est pas un défaut non plus.
L’hypersensibilité, c’est un fonctionnement particulier :
un cerveau qui capte énormément d’informations,
un mental qui les traite en profondeur,
une perception très fine des ambiances, des tensions, des non-dits.
Résultat : un mental puissant.
Quand ce fonctionnement est mal compris ou subi, il peut devenir fatigant, envahissant, épuisant.
Mais quand il est compris et apprivoisé, il devient une vraie force professionnelle :
capacité d’analyse,
lecture fine des situations,
intelligence relationnelle,
intuition,
créativité.
👉 Le problème n’est donc pas ton hypersensibilité.
Le problème, c’est quand tu la vis comme quelque chose à corriger ou à cacher.
Pourquoi cette question te fait autant cogiter
L’erreur que je vois tout le temps chez les hypersensibles
Si cette question revient en boucle dans ta tête, ce n’est pas un hasard.
En réalité, tu ne te demandes pas :
“Est-ce que j’ai le droit d’en parler ?”
Tu te demandes plutôt :
“Est-ce que je vais rester crédible si j’en parle ?”
Quand on est hypersensible, on anticipe énormément :
-
leurs jugements,
-
le risque d’être mal compris,
-
la peur d’être réduit à une étiquette,
-
la peur de perdre sa place.
Ton mental fait exactement ce pour quoi il est très doué : imaginer tous les scénarios possibles.
Ce n’est pas de la faiblesse. C’est ton fonctionnement.
Mais tant que cette peur est là, parler de son hypersensibilité au travail devient délicat.
L’erreur la plus fréquente, ce n’est pas d’en parler.
👉 C’est d’en parler comme si c’était un défaut.
Avant même de réfléchir à comment en parler, la vraie question à se poser est :
pourquoi ai-je envie d’en parler ?
Très souvent, on en parle pour :
se justifier,
expliquer une réaction,
se faire comprendre à tout prix,
être rassuré,
obtenir une validation.
Concrètement, ça peut ressembler à ça :
“Désolé·e si j’ai réagi comme ça, c’est mon hypersensibilité…”
Sans t’en rendre compte :
tu t’excuses d’être comme tu es,
tu ne poses pas de cadre,
tu te mets en position basse,
parfois même en position de victime.
👉 Le problème n’est pas d’en parler.
👉 Le problème, c’est d’en parler pour se justifier.
Le vrai repère pour savoir si tu peux en parler
Je vais te donner un repère très simple.
👉 Tu peux en parler quand tu n’as plus besoin que l’autre te valide.
Quand tu n’en parles plus :
pour te justifier,
pour être rassuré,
pour être compris à tout prix,
mais que tu en parles pour :
poser un cadre,
expliquer ton fonctionnement,
dire ce dont tu as besoin pour bien travailler,
alors c’est le bon moment.
À l’inverse, tant que tu attends que l’autre te comprenne pour te sentir légitime, ce n’est pas encore le bon moment.
Faire la paix avec ton hypersensibilité (avant d’en parler)
Avant d’en parler autour de toi, il y a une étape indispensable :
👉 faire la paix avec ton hypersensibilité.
Pas dans le sens :
“Je trouve ça génial tous les jours.”
Mais dans le sens :
ne plus la vivre comme un fardeau,
ne plus chercher à la cacher,
ne plus la présenter comme un problème.
Parce que tant que toi-même tu la vois comme un défaut, tu la présenteras comme telle.
Et tu donneras beaucoup de pouvoir au regard des autres.
Tu n’es même pas obligé d’utiliser le mot “hypersensibilité”
C’est un point important.
Le mot hypersensibilité est encore très mal compris.
Il est souvent associé à :
l’émotivité,
la fragilité,
le manque de solidité.
👉 Tu peux très bien parler de ton fonctionnement sans utiliser ce mot.
Par exemple :
“J’ai besoin de priorités claires pour être efficace.”
“Je travaille mieux sans interruptions.”
“J’ai besoin de temps pour réfléchir avant de décider.”
Dans ce cas :
tu ne demandes pas un traitement spécial,
tu poses simplement les conditions de ta performance.
Et pour ça, tu n’as pas besoin de parler d’hypersensibilité.
Écouter ou regarder l’épisode complet
Cet article est issu d’un épisode de mon podcast Sensible mais pas fragile, dans lequel je développe ces points avec plus d’exemples et de nuances.
Tu peux l’écouter sur toutes les plateformes de Podcast via ce lien.
Et tu peux le regarder sur ma chaîne YouTube 👇
En conclusion
Parler de son hypersensibilité au travail ne remplacera jamais :
le fait de mieux te connaître,
d’apprivoiser ton mental,
de poser des limites,
et de t’affirmer.
👉 L’hypersensibilité n’est ni un problème à corriger,
👉 ni une excuse à brandir.
C’est un fonctionnement puissant, qui demande à être compris et apprivoisé.
Si aujourd’hui tu as déjà compris beaucoup de choses sur toi, mais que dans le quotidien tu continues à douter, que ton mental prend souvent le dessus et que tu ne sais pas encore comment faire concrètement, c’est exactement pour ça que j’ai créé Supersensible.
Un programme de 28 jours pour comprendre ton fonctionnement, apprivoiser ton mental puissant et sortir de la surcharge mentale, de la rumination et des pensées négatives.